A la caserne, on dîne tôt.
A dix-huit heures précisément,
On s’assoit devant nos plateaux.
Pour le dîner du jour de l’an,
On y a couru à toutes blindes.
D’habitude, on marche normalement
Mais y avait des paupiettes de dinde
Et un discours du commandant,
Une bûche individuelle
Qui était beaucoup trop sucrée
Comme tous les trucs industriels.
Puis on a rejoint la chambrée.
Sans enlever nos uniformes,
On s’est allongés sur les pieux
Car c’était l’extinction des feux,
Il était déjà l’heure qu’on dorme
Alors qu’il n’était pas minuit,
Qu’on ne s’était pas embrassés.
Je me suis levé dans la nuit,
Je me sentais embarrassé
Par la bûche qui ne passait pas.
Je suis allé me promener
Dans le couloir, faire quelques pas
À l’aube de la nouvelle année,
Dans cette lumière d’aquarium
Des lampes de sécurité
Où on voit un petit bonhomme
Cavaler comme un dératé
En direction de la sortie.
Il règne dans ces bâtiments
Une odeur qui m’anéantît,
Qui me dissout littéralement.
Elle me rappelle qu’on m’emprisonne.
Comme le chant morne et solitaire
De l’eau qui ne coule pour personne
Dans le bloc jaune des sanitaires,
Qui chuinte continuellement,
Cette eau perdue inutilement
Comme ma jeunesse entre ces murs.
A la caserne, on dîne tôt.
A dix-huit heures précisément,
On s’assoit devant nos plateaux.
Pour le dîner du jour de l’an,
On y a couru à toutes blindes.
D’habitude, on marche normalement
Mais y avait des paupiettes de dinde
Et un discours du commandant,
Une bûche individuelle
Qui était beaucoup trop sucrée
Comme tous les trucs industriels.
Puis on a rejoint la chambrée.
Sans enlever nos uniformes,
On s’est allongés sur les pieux
Car c’était l’extinction des feux,
Il était déjà l’heure qu’on dorme
Alors qu’il n’était pas minuit,
Qu’on ne s’était pas embrassés.
Je me suis levé dans la nuit,
Je me sentais embarrassé
Par la bûche qui ne passait pas.
Je suis allé me promener
Dans le couloir, faire quelques pas
À l’aube de la nouvelle année,
Dans cette lumière d’aquarium
Des lampes de sécurité
Où on voit un petit bonhomme
Cavaler comme un dératé
En direction de la sortie.
Il règne dans ces bâtiments
Une odeur qui m’anéantît,
Qui me dissout littéralement.
Elle me rappelle qu’on m’emprisonne.
Comme le chant morne et solitaire
De l’eau qui ne coule pour personne
Dans le bloc jaune des sanitaires,
Qui chuinte continuellement,
Cette eau perdue inutilement
Comme ma jeunesse entre ces murs.
A la caserne, on dîne tôt.
A dix-huit heures précisément,
On s’assoit devant nos plateaux.
Pour le dîner du jour de l’an,
On y a couru à toutes blindes.
D’habitude, on marche normalement
Mais y avait des paupiettes de dinde
Et un discours du commandant,
Une bûche individuelle
Qui était beaucoup trop sucrée
Comme tous les trucs industriels.
Puis on a rejoint la chambrée.
Sans enlever nos uniformes,
On s’est allongés sur les pieux
Car c’était l’extinction des feux,
Il était déjà l’heure qu’on dorme
Alors qu’il n’était pas minuit,
Qu’on ne s’était pas embrassés.
Je me suis levé dans la nuit,
Je me sentais embarrassé
Par la bûche qui ne passait pas.
Je suis allé me promener
Dans le couloir, faire quelques pas
À l’aube de la nouvelle année,
Dans cette lumière d’aquarium
Des lampes de sécurité
Où on voit un petit bonhomme
Cavaler comme un dératé
En direction de la sortie.
Il règne dans ces bâtiments
Une odeur qui m’anéantît,
Qui me dissout littéralement.
Elle me rappelle qu’on m’emprisonne.
Comme le chant morne et solitaire
De l’eau qui ne coule pour personne
Dans le bloc jaune des sanitaires,
Qui chuinte continuellement,
Cette eau perdue inutilement
Comme ma jeunesse entre ces murs.